Implant dentaire : une greffe avant ?

Dans le catalogue des dents de remplacements, la couronne montée sur implant figure en très bonne place. Très solide, ce petit dispositif qu’est l’implant, souvent fabriqué en titane, présente une bonne tenue dans le temps. Il est également très résistant face aux pressions répétées qu’exercent les mâchoires en écrasant les aliments. Il est donc un très bon support pour la fixation d’une couronne artificielle.

Mais sa pose requiert quelques conditions.

 

Un os sain et épais

C’est à l’intérieur de l’os de la mâchoire qu’est inséré l’implant. Il faut donc creuser cet os en profondeur et placer l’implant dans la cavité, avant d’attendre que l’intégration osseuse ait lieu. Biocompatible, l’implant est peu à peu « adopté » par les cellules de l’os qui viennent se greffer à lui. Il est alors très bien ancré dans la mâchoire et peut jouer le rôle de racine dentaire. Il ne reste plus qu’à poser la couronne.

Seul hic, pour que tout se passe ainsi, l’implant doit trouver la place nécessaire pour être implanté. Pour que l’intégration osseuse ait lieu, la qualité de l’os doit aussi être satisfaisante. Sans cela, il pourrait également s’altérer avec le temps et sous la pression masticatoire, et nuire ainsi à la longévité de l’implant.

 

Insuffisance osseuse

Malheureusement, certaines personnes ne présentent pas les prérequis indispensables.

Lorsqu’une partie de la gencive est édentée, par exemple, au bout d’un certain temps l’os finit par se réduire en épaisseur, n’étant jamais sollicité à cet endroit. Ce rétrécissement de l’os se rencontre chez des patients à qui des dents ont été retirées, ou chez ceux qui ont subi un traumatisme dentaire ayant entraîné une chute de dents. Il se constate aussi chez les patients qui ont souffert d’une maladie parodontale.

Les patients concernés sont donc particulièrement exposés au risque de rejet de l’implant, ou à l’échec de l’intégration osseuse. Et en cas de succès de l’intervention, c’est la tenue dans le temps de l’implant qui pourrait en pâtir.

Etant donné le coût de la pose d’implants (environ 600 à 5000 euros non remboursés) et son caractère invasif, mieux vaut s’abstenir de la réaliser dans un os qui ne présente pas les qualités requises.

 

En route pour une greffe

La greffe osseuse pré-implantaire permet d’obtenir un os de qualité, et de le rendre plus dense. Grâce à elle, le patient pourra se faire poser des implants dentaires en évitant les risques précités.

Le praticien prélève alors un greffon sur le corps du patient (greffe autogène), sur le corps d’un autre patient (greffe allogène), utilise un greffon prélevé sur un animal (greffe xénogène), ou encore un greffon synthétique (greffe alloplastique).

En cas de greffe autogène, l’os peut être prélevé directement dans la mandibule du patient. Cette greffe peut se pratiquer en cabinet dentaire et sous anesthésie locale. Dans les autres cas (os prélevé sur le tibia, sur la hanche ou encore sur le crâne), la greffe est réalisée à l’hôpital et sous anesthésie générale.

Le choix de l’origine du greffon dépend de plusieurs facteurs (âge et profil du patient, budget, consentement du patient, volume d’os nécessaire, etc).

Parfois, l’implant dentaire est posé à la suite directe de la greffe, au cours de la même intervention. A défaut, il faudra attendre la fin du délai de consolidation, lorsque la plaie aura cicatrisé (de plusieurs semaines à quelques mois).